Fuite de pétrole à Autouillet : où en est-on ?

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Dans la soirée du 24 février 2019, une fuite de pétrole se produisait sur une canalisation enterrée de transport de pétrole de la société TOTAL entre le dépôt de Gargenville (Yvelines) et la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne). Plus d’un an après cette fuite, où en est-on ?

Suite à la fuite, le pétrole (environ 900 m3) s’était répandu sur plusieurs hectares de terres agricoles sur les communes d’Autouillet et de Boissy-sans-Avoir et des traces d’hydrocarbures avaient été retrouvées dans les cours d’eau (voir photo en en en-tête). Le pipeline avait été mis à l’arrêt et des vérifications de l’état du pipeline avaient été menées. En parallèle, des réunions ont été organisées par la Préfecture. Par contre, les associations n’ont jamais été invitées à visiter le chantier au prétexte de la dangerosité de celui-ci alors que des personnalités politiques ont pu le visiter. Les Associations dénoncent également le fait qu’aucun Comité de Suivi les intégrant n’ai été créé.

Suite aux demandes de la préfecture, la société Total a fait passer un robot permettant de détecter les défauts dans le métal du pipeline : cette opération avait permis de mettre en évidence un nombre considérable de  défauts dans l’acier de ce pipeline construit en 1966. Selon le rapport d’expertise rédigé par l’Institut de Soudure, la rupture s’est produite lorsque les fissures ont atteint environ la moitié de l’épaisseur d’acier (soit des fissures de 3,5 mm  sur un tube d’une épaisseur de 7 mm). Total a alors procédé à de nombreuses réparations tout au long du pipeline.

Les travaux de dépollution du site ont entrainé une circulation très importante de camions circulant en partie sur des routes non adaptées à un tel trafic.

Vue aérienne du site en cours de dépollution. (Photo : Olivier Legrand – JADE)

Mais en septembre 2019, sur le chantier de dépollution, 29 nouvelles fissures ont été découvertes à l’œil nu sur la face externe de la canalisation (certaines atteignant plus de 2 mm d’épaisseur) alors que ces fissures n’avaient pas été détectées lors du passage du robot. Dès lors, nul ne peut garantir que d’autres fissures ne peuvent conduire à tout moment à une nouvelle rupture de ce pipeline de 300 km.

Malgré cela, après avoir signé un premier arrêté autorisant le redémarrage provisoire de la canalisation, le Préfet des Yvelines autorisait par un arrêté signé le 28 novembre 2019 remise en service la canalisation à une pression réduite à 50 bar (au lieu de 67 bar).

Contestant la remise en service d’une canalisation qui peut de nouveau présenter des fuites à tout moment, sept associations (France Nature Environnement, France Nature Environnement Ile-de-France, France Nature Environnement Yvelines, JADE, Sauvons les Yvelines, EPARCHE et Athéna 78) ont porté un recours contentieux devant le tribunal administratif de Versailles.

Depuis, l’instruction de ce dossier suit son cours ; nous vous tiendrons au courant des suites de cette affaire.

Photo en en-tête d’article : l’Echo Républicain © Bureau VALLEE_EURE_SUD_YVELINES

Articles et vidéos traitant du sujet :

Reportage de FR3 sur la remise en service du pipeline (15 secondes après le début de la vidéo)

Toutes les Nouvelles / Les Associations demandent l’arrêt provisoire du PLIF

Le Parisien juillet 2019 – Redémarrage du PLIF

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